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MISSION DE NOEL 2007 DE L’AUTRE COTE DU PONT Nous sommes le samedi 23 décembre. En début de soirée, alors qu’il fait déjà nuit, nous partons de Grenoble avec deux véhicules bourrés de jouets et de vêtements chauds. Nous savons que la route sera longue et fatigante, et pourtant aucun de nous quatre n’a d’appréhension : l’appel de l’Europe est plus fort ! 5H00 du matin, les yeux se ferment, les muscles font mal, nous décidons de faire une pause pour dormir. Nous sommes à proximité de Ljubljana en Slovénie. Dehors il fait -10°C. Mais qu’importe ! Durant notre adolescence, nous sommes tous passés par cette école de vie qu’est le scoutisme : une nuit au frais ne pourra que nous revivifier. Trois heures plus tard, nous sommes déjà au volant de nos véhicules. Les kilomètres défilent et nous voyons bientôt se profiler au loin le check point de l’ONU qui marque l’entrée du Kosovo. Il faut dire que nous avons passé les frontières précédentes sans difficultés. Il semblerait que notre méconnaissance totale du Serbo-croate nous ait rendu service puisque aucune « négociation » n’était possible avec les douaniers. Là où nous avions attendu 6h00 l’année passée, laisser 200€ de frais, 110€ d’assurances, nous sommes passé en quelques minutes. « Do you speak english ?» nous demande une charmante demoiselle de l’ONU. Cette fois-ci il va falloir tout expliquer : notre venue au Kosovo, ce que nous emmenons, et pourquoi nous le faisons. Tout se déroule parfaitement grâce aux papiers officiels préparés avec les douanes françaises, et une demi heure plus tard, 100 € en moins (assurance Kosovo) nous repartons en direction de Mitrovica. Les souvenirs reviennent : les ponts massifs en fer, la montagne « pyramide » sur la droite, la cheminée géante d’une usine désaffectée sur la gauche, nous indiquent que nous approchons de notre but. Et puis Kosovska Mitrovica. Enfin ! Il est 22h00 ce dimanche, nous roulons donc depuis plus de 26 heures. Deux chambres ont été réservées par nos amis serbes au « BB Hôtel » dans lequel nous retrouvons Marco accompagné de sa petite amie. D’une carrure imposante mais d’une gentillesse incomparable, Marco, un Résistant Serbe de la ville, est notre interlocuteur principal depuis la France. Avec lui, nous planifions le déroulement de notre séjour dans la province.
Le lendemain nous rencontrons Dragan, un acteur majeur de la vie locale. Dragan est ingénieur de formation. Son histoire est celle de nombreux Serbes de Mitrovica. Lorsqu’il termine ses études en 1999, la guerre éclate. Il se retrouve en première ligne pour défendre le pont de Mitrovica, où il est gravement blessé par une balle « doom doom ». Il restera 2 mois sur un lit d’hôpital. Nous parlons longuement avec lui de la situation du Kosovo mais aussi de celle de la France qui, et cela a été une de nos grandes surprises, est bien connue de nombreux Serbes. Emeutes, meurtres, bagarres en permanence : pour lui pas de doute, ce que nous connaissons aujourd’hui en France est ce que le Kosovo a connu il y a dix ans. Pourrons-nous changer le destin tragique qui nous attend à l’horizon d’une petite décennie ? Dragan en doute. Nous rencontrons également « Moustache », c’est ainsi qu’il est surnommé là-bas. Personnage fort sympathique d’une cinquantaine d’années, il vit dans une enclave Serbe au sud du Kosovo, dans la partie Albanaise. Là-bas, une « enclave » c’est un village d’Astérix entouré de camps Albanais. Pas moyen d’en sortir sans risquer l’accrochage. Les déplacements de nuit sont à proscrire. Toute panne de véhicule hors de l’enclave peut être tragique. Nous planifions avec Moustache le trajet que nous effectuerons le lendemain pour distribuer jouets et vêtements chauds dans trois enclaves particulièrement exposées qu’il connaît bien. Nous nous retrouvons tous au « BB Hôtel » pour déguster le verre de l’amitié rempli de Slivovica. J’ai en face de moi Dragan, Payo et Moustache. Ces trois personnages avec qui je trinque ne sont plus des « contacts Serbes à Mitrovica », ce sont mes camarades et mes amis ! Demain nous repartirons pour la France, le cœur rempli de souvenirs et de choses à raconter. Et c’est d’une accolade fraternelle que nous nous disons « A bientôt en terre d’Europe! » Arnaud |
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